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Lettre d’opinion


Construire l’après-Covid pour et avec les aînés


Nous avons rédigé cette lettre d’opinion que nous avons publiée sur les médias sociaux de la Fondation et que nous vous encouragerons à partager à votre tour. Elle contient des pistes de réflexion qui, nous l’espérons, sauront guider le changement à initier collectivement dans les mois à venir en faveur du bien vieillir. Bonne lecture !

Montréal, jeudi 28 mai 2020 – Nous sommes enchantés du discours ambiant, et il apparaît clair que de « mettre les aînés au centre des préoccupations » est sans conteste essentiel, comme l’exprime Mme Sylvie Belleville et ses cosignataires dans leur texte publié récemment dans La Presse.

La crise sanitaire actuelle et le confinement qui en découle démontrent la place essentielle que les aînés occupent dans notre tissu social, tant auprès de leurs familles que dans leur implication bénévole et citoyenne. Les réalités, besoins et aspirations des aînés sont multiples, et tous ont quelque chose à offrir. La richesse de leur expérience, leurs idées longuement mûries, leur capacité à se réinventer et leur disponibilité sont de précieux atouts pour la communauté.

Depuis plus de 50 ans, notre organisation s’engage dans le bien vieillir au Québec, et nous sommes convaincus que vieillir devrait permettre de vivre pleinement sa vie, à chaque étape et jusqu’au bout.

La crise actuelle jette un éclairage cru sur les failles de notre système et des perceptions de la société à l’égard des aînés. Tout à coup, les nombreux défis auxquels ils sont confrontés apparaissent au grand jour, allant même jusqu’à être vécus par la majorité d’entre nous : le confinement de tous nous ramène à l’isolement social des aînés ; le manque d’accessibilité à certaines ressources nous démontre combien il est difficile de vivre ce manque de liberté ; l’enjeu des technologies, qui font certes partie des solutions, mais qui doivent être abordées et adaptées différemment pour les aînés, et nous le constatons, qui ne remplacent pas complètement le contact physique et la chaleur humaine. La crise actuelle met également en lumière l’humanité et le dévouement des travailleurs, des proches aidants et des bénévoles qui les soutiennent, de même que leur épuisement et leur désarroi.

La situation nous semble, à certains égards, une belle prise de conscience collective vis-à-vis des aînés, et nous souhaitons fortement que cette prise de conscience collective trouve écho pour les années à venir, pour construire l’après-Covid tous ensemble. Nous y voyons la preuve irréfutable que nos modèles doivent être revus en profondeur, et nous croyons que trois grandes valeurs doivent guider les changements qui seront initiés dans les mois à venir :

1. Inclusion

Les solutions à la crise devront tenir compte des nombreux visages du vieillissement et porter une attention particulière aux aînés vulnérables. Au-delà des groupes d’experts sur la question, il faudra impérativement impliquer les aînés, leurs proches, les aînés en devenir et les écosystèmes qui les entourent. Par exemple, des initiatives sont déjà en place pour supporter la création d’entreprises à impact social, comme Mûr.e pour entreprendre de Présâges, qui permet aux aînés d’exploiter
leur plein potentiel d’entrepreneurs et de mettre en branle des idées novatrices et concrètes pour
le bien vieillir collectif.

2. Respect et équilibre

Le respect des réalités et besoins des nombreuses parties prenantes est nécessaire si l’on souhaite développer des solutions pérennes aux défis actuels. Oui, l’aplatissement de la courbe est primordial, mais l’enjeu de la santé mentale, des besoins physiques et sociaux des aînés et des acteurs du bien vieillir doivent également être considérés. Maintenant que l’entièreté de la population québécoise s’est vue retirer une partie de ses libertés, nous mesurons pleinement l’impact, la fragilité et l’équilibre précaire de la santé mentale des individus, et cet enjeu n’a pas d’âge. Une approche plurigénérationnelle semble faire partie des alternatives aux modèles traditionnels et permet d’explorer de nouvelles avenues favorisant le soutien à domicile, le maintien des aînés dans la communauté, pour préserver l’équilibre mental et physique.

3. Innovation

L’innovation n’est pas l’apanage des plus jeunes. La pensée créative permet également de résoudre des problèmes complexes liés au vieillissement. À cet effet, le projet de recherche Bien vieillir chez soi souhaite tester différentes solutions technologiques permettant d’adapter les habitations pour personnes âgées autonomes à leurs besoins émergents. Il ne faut pas non plus minimiser le niveau d’adaptation nécessaire pour apprivoiser les nouvelles technologies. Le simple fait de parler au téléphone sans combiné est une notion très abstraite pour certains aînés. L’utilisation d’un combiné peut à elle seule changer l’allure de nos conversations.

La situation actuelle révèle de nombreux enjeux vécus par les aînés. Elle nous pousse à se mobiliser individuellement et collectivement et à repenser notre perception du vieillissement. C’est en donnant la parole aux aînés, en regroupant les différents intervenants et en adoptant une posture d’innovation que nous pourrons tous vivre pleinement chacune des étapes de notre vie. L’avant-Covid n’existe plus, mais l’avenir nous réserve des jours meilleurs et des solutions inspirantes et inspirées.

Annie Gauvin
Directrice générale
Fondation Berthiaume-Du Tremblay

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